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temple d'Abou Simbel
Le Grand Temple
Le grand temple, entièrement creusé dans la falaise de grès appelée Méha,
est dédié non seulement aux trois principaux dieux de l’époque ramesside,
Rê-Horakhty, Amon-Rê et Ptah, mais aussi et surtout, à Ramsès II divinisé.
La façade, haute de 33 mètres et large de 38 mètres présente quatre statues
colossales de 20 mètres de haut faisant face au soleil levant et tenant lieu
de pylône. Elles représentent Ramsès II dont l’étrange et envoûtante majesté
imposent toujours le respect et l’admiration. Aux pieds du souverain, de
petites statues figurent l’épouse royale Néfertari, la mère du roi et
quelques-uns de ses enfants. Au dessus de la porte, une niche abrite l’image
de Ramsès sous les traits de Rê-Horakthy dominé par le disque solaire. Pour
que personne ne s’y méprenne, la statue s’appuie sur un sceptre ouser et sur
une statuette de Maât ; l’ensemble se lit alors « Ouser-Maât-Rê »,
cryptographie du prénom de couronnement du souverain. Enfin, au sommet de la
façade, limitant le trapèze en forme de pylône, une corniche sculptée était
dominée par vingt-trois statues de cynocéphales dans l’attitude d’adoration du
soleil.Devant la façade, une vaste avant-cour était bordée de deux murs de briques crues. Au nord de celle-ci était érigé un autel solaire à ciel ouvert, tandis qu’au sud, une petite chapelle dédiée à Thot, était taillée dans la roche.
Passé la porte d’entrée, une salle-cour de 18 mètres de profondeur est décorée
de huit piliers osiriaques représentant le souverain. Les parois de cette
salle sont ornées de scènes faisant allusion aux exploits guerriers de Ramsès,
notamment de la célèbre bataille de Qadesh, qui mit un terme à la campagne du
pharaon contre les Hittites, en l’an V de son règne. Cette pièce donne accès à
la salle hypostyle qui contient quatre piliers ornés de scènes faisant
allusion aux offrandes du roi à diverses formes divines. Sur les parois,
Ramsès, accompagné de la grande épouse royale Néfertari, accueillent la barque
sacrée d’Amon-Rê.
Au-delà de l’antichambre percée de trois portes, on accède au Saint-des-Saints
qui est le sanctuaire de la barque sacrée. Au fond de celui-ci, quatre statues
sont taillées dans la paroi rocheuse. Du sud au nord, on peut identifier les
dieux Ptah, Amon, Ramsès divinisé et Rê-Horakhty assis sur une banquette
commune. Deux fois par an, aux équinoxes, les rayons du soleil levant
pénétraient dans l’axe du temple pour venir illuminer les trois statues de
droite. Celle de Ptah restait cependant dans l’ombre puisqu’il s’agit d’une
divinité résidant dans le monde chtonien. Cette formidable précision dans
l’orientation du temple avait évidemment un but religieux, les rayons solaires
devaient ainsi venir réanimer les statues divines pour qu’elles puissent
poursuivre leur rôle sacré.
Plusieurs pièces latérales étaient également aménagées pour compléter les
salles principales. Elles étaient destinées à servir de dépôt aux objets
réservés aux cultes et servaient aussi de chapelles secondaires.
Deux ans après son inauguration, soit en l’an 31 du règne de Ramsès II, un
tremblement de terre endommagea le temple et le colosse au sud de l’entrée se
brisa. Des restaurations furent exécutées mais la statue ne fut jamais
reconstruite. Le Petit Temple
Le temple de la reine fut construit à 135 mètres au nord du grand temple
dans la falaise nommée Ibshek. Elle abritait déjà, dans une petite grotte
naturelle au pied du rocher, un sanctuaire dédié à Hathor, la Grande Mère
céleste. Ramsès décida donc de consacrer ce lieu à Néfertari afin qu’elle
soit, tout comme lui, intégrée dans la "mécanique divine". Ce temple
rupestre fut nommé "Néfertari pour qui se lève le Soleil".
Six statues colossales hautes de dix mètres furent intégrées dans la façade.
Chacune d’elles sont séparées par d’importants contreforts ornés de
profondes inscriptions hiéroglyphiques. La grande épouse royale y est
représentée dans le rôle de Sothis. Elle est encadrée de part et d’autre, de
colosses figurant le souverain assimilé à différentes divinités en relation
avec la crue du Nil. Comme pour le grand temple, les statues sont
accompagnées de représentations plus petites des enfants royaux.
Passé la porte d’entrée, la salle-cour, qui correspond à la cour en plein
air d’un temple traditionnel, dégage un charme indéfinissable. Elle est
soutenue par six piliers hathoriques taillés dans la masse rocheuse. Le
visage d’Hathor sculpté en léger relief fait face au passage central du
temple et est surmonté d’une représentation d’un sistre.
La scène rituelle du "massacre des ennemis" devant les divinités est ici
quelque peu particulière : Néfertari est représentée derrière son époux et
tend le bras dans un geste protecteur. Un petit vestibule sépare la
salle-cour du Saint-des-Saints. Ici se trouve la magnifique scène du
"couronnement" de Néfertari par les déesses Hathor et Isis, lui conférant
ainsi un caractère divin.
Le
sanctuaire (Saint-des-Saints), dont l’axe est légèrement décalé vers le nord
par rapport à l’axe central du temple, abrite le naos. Encadré par deux
sistres hathoriques, une représentation du souverain, taillée dans la roche,
est surmontée par la partie antérieure de la déesse-vache, Hathor. La Grande
Nourrice céleste, sans qui la création ne pourrait se réaliser, s’allie ici
à l’épouse royale Néfertari, pour faire naître le soleil régénéré. Ce temple
est donc une parfaite illustration du synchrétisme à l’égyptienne, alliant
dans une même entité les déesses Hathor, Isis et une personne humaine sous
les traits de Néfertari.
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