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le musée du Caire

Le musée actuel, dont la
première pierre fut posée par Abbas Hilmi II le 1er avril 1897, fut construit,
après un concours international, sur les plan de l'architecte français Marcel
Dourgnon.
Il comprend un sous-sol destiné aux réserves, deux niveaux d'exposition et un
deuxième étage plus restreint qui n'est pas ouvert au public. Plus d'une
centaine de salles se répartissent autour d'un atrium central. Au
res-de-chaussée, qui abrite aussi les bureaux de la conservation et la
bibliothèque, ont été rassemblés les monuments lourds (statues, sarcophages,
stèles...) classés chronologiquement depuis l'entrée, dans le sens des aiguilles
d'une montre. A l'étage, le reste des collections est présenté par types
d'objets (papyrus, modèles du Moyen-Empire, bijoux, masques funéraires) ou par
trouvaille (Toutânkhamon, Hétéphèrès, nécropole royale de Tanis, Hemaka...).
Tel qu'il est, le musée pose à l'heure actuelle un certain nombre de problèmes.
Le plus évident est celui de son encombrement, et donc de la présentation des
objets qui souffre de la trop grande richesse des collections ; bien des pièces,
qu'on ne voit pas parce qu'elles sont reléguées dans la pénombre d'un haut de
vitrine, feraient la joie d'un conservateur de musée en Europe ou en Amérique.
Ici, la difficulté n'est pas d'enrichir les collections (s'il lui est arrivé
autrefois d'acheter des objets, le musée n'a plus de budget d'acquisition), mais
de savoir où mettre les monuments que chaque fouille ne manque pas de mettre au
jour : la découverte, toujours possible, d'un mobilier funéraire comparable à
celui de Toutânkhamon, exigerait, pour l'exposer, un bouleversement des salles
actuelles.
On parle depuis très longtemps de la construction d'un nouveau musée où ne
seraient présentés, dans les meilleures conditions, que les chefs-d'oeuvre les
plus remarquables, le musée actuel devenant un local de réserves et d'étude pour
les spécialistes. Il semble que le coût d'une telle opération la rende
impossible pour l'instant ; mais, avec le concours de la BIRD pour plusieurs
millions de dollars et une partie des bénéfices réalisés par les expositions à
l'étranger, on est sur le point de commencer des travaux de rénovation qui
amélioreront le bâtiment actuel : il s'agit avant tout de climatiser les salles
d'exposition, de réduire l'entassement des objets en utilisant les salles de
réserves du rez-de-chaussée et de second étage comme salles de présentation, de
mettre en valeur les monuments par des éclairages appropriés et, enfin,
d'installer un système de protection contre le vol et l'incendie.
Le premier point de ce programme est vital pour certains monuments : depuis
l'achèvement, en 1978, du pont du 6 octobre, le jardin du musée a été réduit, et
les fenêtres ouvertes exposent les pièces aux vibrations du traffic intensifié
autant qu'a l'air pollué de la grande station d'autobus de Midan el-Tahir, dont
on préconise le transfert aileurs.
Parallèlement, la politique du Service des Antiquités tend à donner plus
d'importance aux musées de province, dans lesquels Le Caire pourrait mettre des
objets en dépôt. Louqsor a un musée ultra-moderne depuis 1975 ; Assouan en aura
un, consacré aux antiquités nubiennes, dans quelques années, et d'autres ville
comme Mellaoui, Zagazig ou Ismaïlia ont des collections dignes d'intérêt, sans
parler évidemment du grand musée gréco-romain d'Alexandrie.








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