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Le temple de Philae
Parmi les îles granitiques de la première cataracte, un peu au sud de la ville d’Assouan, se dresse le domaine de la déesse Isis, que l’on qualifie souvent comme étant la "Perle de l’Égypte".
Bien que le culte d’Isis se perde dans les origines de la civilisation
pharaonique, l’édification de ce sanctuaire est très tardive. Mis en
chantier par Nectanébo Ier (XXXe dynastie) et ensuite agrandi par les
Ptolémées et les Romains, il sera le dernier bastion de la religion
égyptienne. Ce n’est qu’en 540 de notre ère, que l’empereur byzantin
Justinien, fera fermer le temple et arrêter les prêtres. À cette époque,
le temple était alors fréquenté par les Blemmyes, redoutables tribus
nubiennes, qui venaient encore y vénérer la déesse Isis. Ce décret sonna
le glas de la civilisation de l’Égypte ancienne car, plus personne n’était
encore capable de déchiffrer les hiéroglyphes. Les chrétiens
s’installeront ensuite sur l’île et transformeront les sanctuaires en
églises qui resteront en activité jusqu’au XIIIe siècle.
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Située à la porte méridionale de l’Égypte, Philae était le lieu d’accueil de la « Lointaine » lorsqu’elle revenait de la Nubie avec les bienfaits de l’inondation. En se plongeant dans la première cataracte, elle perdait son caractère de déesse dangereuse pour retrouver ses aspects bénéfiques. Il est l’un des trois temples ptolémaïques les mieux conservés, avec ceux d’Edfou et de Dendérah. L’ensemble des édifices comprend le kiosque de Nectanébo, le temple monumental d’Isis avec ses dépendances, le kiosque de Trajan, l’arc de triomphe de Dioclétien et le petit temple dédié à la déesse Hathor. Ici, l’architecture et les décorations d’origines égyptiennes, grecques et romaines s’harmonisent parfaitement. La
plupart des édifices qui étaient peints de couleurs vives, furent encore
observés par les voyageurs du XIXe siècle. Malheureusement, petit à
petit, elles ont disparues car depuis, l’île était noyée chaque année, par
les eaux de retenue du premier barrage d’Assouan construit en 1902. La
construction du Haut Barrage n’arrangea pas le problème, les temples
furent alors immergés en permanence ! La campagne de sauvetage des temples de Nubie organisée par l’UNESCO, prit en charge le démontage des sanctuaires de Philae pour les reconstruire sur l’île voisine d’Agilkia. Celle-ci fut préalablement remodelée pour lui donner la forme de l’île d’origine. Les travaux durèrent de 1972 à 1980, et aujourd’hui, ce lieu empreint de magie, peut à nouveau nous émerveiller. Relief du premier pylône du temple de Philae Sur ce relief datant du 4ème siècle après Jésus-Christ, on retrouve 3000 ans après leur apparition les mêmes conventions picturales pour la représentation des personnages : mélange de faces et de profils. PREMIER PYLÔNE DU TEMPLE DE PHILAE
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